« La créativité est ce qui fait de nous des êtres humains » : les créateurs du monde entier se réunissent à Paris pour défendre l’avenir de la créativité humaine à l’ère de l’IA
« La créativité est l’une des manifestations les plus profondes de notre humanité. Avec l’Engagement de Paris, les créateurs de toute la planète envoient un message commun : nous devons continuer à valoriser, respecter et protéger la créativité humaine. »
– Björn Ulvaeus, cofondateur d’ABBA et Président de la CISAC
Paris, France – le 4 juin 2026 – Les créateurs venus des quatre coins du monde se sont réunis à Paris aujourd’hui et ont publié une déclaration appelée à faire date en faveur de la protection de la créativité humaine, à l’heure où l’intelligence artificielle transforme rapidement le paysage culturel et créatif.
Adopté à l’occasion de l’Assemblée Générale du centenaire de la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs (CISAC), l’Engagement de Paris énonce une série de principes phares et appelle les décideurs politiques, les entreprises technologiques et les acteurs des industries culturelles à garantir que les créateurs humains restent protégés, reconnus et équitablement rémunérés à l’ère de l’IA.
Cette déclaration a été rendue publique devant une assemblée de plus de 450 créateurs, décideurs politiques, dirigeants d’organisations de gestion collective et représentants des industries culturelles venus de toutes les régions du monde.
Parmi les moments forts de l’événement, les délégués ont pu visionner une vidéo poignante dans laquelle des créateurs de l’ensemble du réseau international de la CISAC partagent leurs réflexions sur le rôle de la créativité dans nos vies, notre identité et notre culture. Cet hommage émouvant a précédé la signature, sur scène, de la déclaration par des créateurs du monde entier, saluée par une ovation debout de l’assemblée internationale des délégués.
Cet engagement s’inscrit dans le contexte d’une intensification des discussions internationales autour de l’utilisation d’œuvres protégées par le droit d’auteur dans les systèmes d’IA et de préoccupations croissantes par rapport à la transparence, à l’autorisation et à la rémunération des créateurs dont les œuvres sont utilisées pour entraîner les outils d’IA.
Adoptée à Paris, là-même ou le droit d’auteur moderne a vu le jour, la déclaration témoigne de l’inquiétude croissante des créateurs quant à la capacité des cadres législatifs et réglementaires à suivre le rythme face à l’évolution rapide des technologies d’IA et à leurs répercussions sur la culture, les industries créatives et les formes d’expression humaine.
La déclaration affirme :
« À l’heure où les progrès rapides de l’intelligence artificielle risquent de saper la valeur du travail artistique, nous réaffirmons que nous partageons une responsabilité commune : celle de protéger, respecter et préserver la créativité humaine en tant que vecteur déterminant de l’expression, de la culture, de l’identité et du progrès. »
Le document expose quatre grands principes, à savoir :
- la protection de la créativité humaine et de la diversité culturelle ;
- l’obligation de transparence, d’obtention d’une licence et de rémunération équitable pour les systèmes d’IA ;
- l’importance de la gestion collective pour assurer la pérennité des écosystèmes créatifs ;
- la nécessité, pour les pouvoirs publics et les décideurs politiques, de protéger les droits des créateurs et les expressions culturelles.
Lisez l’intégralité de la déclaration ici.
Cette déclaration a été présentée après une pleine journée de discussions sur l’avenir de la créativité dans un monde conditionné par l’IA. Au cours de cette journée, créateurs, économistes, universitaires, experts en technologies et décideurs politiques venus de nombreux pays ont analysé l’impact de l’intelligence artificielle sur la création artistique, les moyens de subsistance des créateurs et l’avenir de la diversité culturelle.
Tout au long de la journée, de nombreux orateurs –créateurs et leaders du secteur culturel pour les répertoires musical, audiovisuel et des arts visuels et le secteur de l’édition, mais aussi représentants de l’OMPI, de l’Union africaine, du Parlement européen, de Deezer et de différentes grandes institutions culturelles internationales – se sont succédé à la tribune de l’Assemblée Générale de la CISAC 2026.
À propos de la CISAC
La CISAC, la Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs, est le premier réseau mondial de sociétés d’auteurs, qui représente plus de cinq millions de créateurs de tous les répertoires – la musique, l’audiovisuel, l’art dramatique, la littérature et les arts visuels – par le biais de ses 227 sociétés d’auteurs dans 111 pays. En 2026, la CISAC célèbre ses cent ans d’existence.